Un « grand débat » confisqué

C’est avec stupéfaction que Colombes insoumise (FI) a pris connaissance d’un courrier venant de l’élu municipal de La République en marche, Frédéric Sarkis, à propos du Grand débat organisé par Emmanuel Macron et son gouvernement. Celui-ci exprime le souhait d’organiser « une réunion rassemblant les forces politiques de la ville » qui serait précédée d’une « réunion préparatoire » afin de faire vivre le « grand débat national » voulu par le président de la République « pour donner » soi-disant « la parole aux Français » sans aucune garantie sur la traduction nationale qui sera donnée aux propositions qui émergeront.

Nous rappelons à M. Sarkis que le souhait des gilets jaunes est de faire entendre leurs colère et revendications par-delà les partis politiques. Après plus de deux mois de mobilisations, celles-ci sont désormais connues de tous et il appartient au gouvernement d’y répondre ou de remettre en jeu son mandat.

Nous n’entendons en aucune manière nous associer à un débat « faussé » qui n’est rien d’autre qu’« une consultation » sur un questionnaire et quatre thèmes définis par Emmanuel Macron, doublé d’« une opération de communication », comme l’a bien expliqué Chantal Jouanno. « Le principe d’un débat public, a rappelé la présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), le 25 janvier sur LCI, ce n’est pas de poser des questions aux Français, c’est les Français qui vous posent des questions, c’est eux qui s’expriment, c’est eux qui disent ce qui leur tient à cœur. » Il n’appartient pas aux formations politiques de s’exprimer à leur place, même si, en ce qui nous concerne, nous avons des propositions qui, sur de nombreux points, recoupent leurs revendications.