En 2018, des Velib’ pour… faire marcher les Colombiens

La mairie a accepté d’accueillir la nouvelle génération de ces vélos partagés, après bien des tergiversations. Mais le nombre de stations annoncées est trop faible pour couvrir l’ensemble de la ville.

Enfin ! Dans quelques mois, les nouveaux Velib’ circuleront dans nos rues. Moyennant un abonnement dont le prix n’est pas encore connu, il sera possible de se rendre de Colombes à Asnières ou à Paris en empruntant un vélo classique ou un vélo à assistance électrique.

Cette arrivée a été votée en conseil municipal à la toute fin du mois de juin. Saluons cette conversion puisque conversion il y a. En effet, jusqu’à cette décision qui semble bien lui avoir été dictée par une partie de sa majorité, Mme le maire n’a jamais été une fan de vélo, comme le rappelait Le Parisien quelques jours avant la délibération du conseil municipal.

Le 30 juin 2016, en réponse à une question orale de Patrick Chaimovitch, élu écologiste d’opposition, Nicole Goueta refusait encore de participer aux études pour l’extension du Velib avec ces arguments : les stations Velib’ suppriment des places de stationnements ; l’APUR, le syndicat mixte en charge de ces études pour l’implantation des Velib’, est aux mains de la maire de Paris, Anne Hidalgo ; ce ne sont pas quelques dizaines d’utilisateurs de Velib’ qui vont faire baisser la pollution, laquelle a moins pour cause la voiture que le logement et les industries, sans parler de la responsabilité des Etats-Unis et de la Chine (voir la vidéo ci-dessous).

Récemment encore on se souvient qu’elle avait pris un arrêté pour interdire les vélos rue Saint-Denis et verbaliser les cyclistes trop imprudents. Arrêté « suspendu » une semaine plus tard devant le tollé suscité, tant par les membres de l’association Colombes à vélo – Mieux se déplacer à bicyclette (MDB), que par les Colombiens, dont un certain nombre de ses électeurs.

Cette conversion reste toutefois bien timide. Selon le site de la mairie, Colombes ne comptera que cinq stations Velib’ de 35 vélos (dont une dizaine électriques). Leur emplacement a été précisé en conseil municipal le 29 juin :

  • Parc Lagravère
  • Gare de La Garenne (angle rue des Voies-du-Bois et rue du Commerce)
  • Gare du Stade
  • Gare de Colombes
  • Place Aragon

Les Fossés-Jean devraient à terme recevoir une station mais le quartier étant en rénovation la mairie « ne sait pas où la mettre ».

Dernier détail, donné par Hervé Hemonet, l’adjoint à la circulation, au stationnement et aux transports, « ces stations ne supprimeront aucune place de stationnement ». Mme le maire a certes (un peu) révisé sa position, elle n’en reste pas moins très attachée à défendre la voiture en ville. Et cette crispation d’un autre âge explique que Colombes n’accueille pas plus de stations Velib’.

Cinq à six stations, c’est peu pour une ville de 85 000 habitants qui s’étend sur 7,81 km2. La preuve : La Garenne-Colombes en installera autant pour une population près de 3 fois moins nombreuse (29 000 habitants) et une surface plus de 4 fois plus petite (1,78 km2), lit-on dans Le Parisien. Et à Asnières, ce sont douze stations qui sont prévues. Résultat, les Colombiens qui voudront emprunter un vélo, pourront constater que Mme Goueta et son équipe les font beaucoup… marcher.