Free : La vente de Mobipel est suspendue

La cession des salariés de Mobibel, le centre d’appel de Free à Colombes, à l’entreprise Comdata, installée à Gennevilliers, prévue le 8 juin, est suspendue. C’est la conséquence d’une décision de justice. Cette dernière avait été saisie par les délégués syndicaux de l’entreprise.

Rappelez-vous : en septembre dernier, l’émission Cash Investigation dans un reportage intitulé « Travail, ton univers impitoyable » sur la souffrance au travail, dont nous nous étions fait l’écho, s’était longuement intéressée à ce centre d’appel de Free, installé boulevard de Stalingrad. Entre juin 2014 et septembre 2017, les effectifs ont chuté de 60 % : 315 licenciements dont 266 pour « faute grave », à cela s’ajoute des démissions et des transferts de salariés.

En mars, à la suite de l’annonce de la direction de Free que le centre de Colombes allait être cédé au groupe Comdata, des centaines de salariés de Mobipel (Colombes) et des salariés d’autres centres se sentant concernés ont manifesté devant le Free Center de Paris pour dire NON à la vente (Voir ici).

Une nouvelle manifestation a eu lieu devant le siège en avril où des représentants de la France Insoumise sont à nouveau venus les soutenir et ont pris la parole tel Thomas Guénolé :

Ce n’est pas Xavier Niel qui fait vivre des milliers de salariés, ce sont des milliers de salariés qui font vivre Xavier Niel.

Les salariés de Mobipel ont ensuite assigné en référé la direction de leur maison mère pour stopper la cession de leur centre d’appels au sous-traitant, Comdata. Un rapport d’expertise comptable stipule que la direction aurait dû ouvrir une consultation auprès des représentants du personnel. Surtout que, toujours selon le rapport, l’entreprise « est en très bonne santé économique » et réalise « des niveaux de marge tout à fait exceptionnels ».

Le 16 mai, en début d’audience, l’avocate des élus du personnel, Maître Céline Pares a cité une phrase de Maxime Lombardini, président du Conseil d’Administration de Free, prononcée dans l’émission Cash Investigation : « Ma conclusion à moi, c’est qu’on a un groupe qui emploie ses salariés, il ne les met pas chez des sous-traitants pour s’en débarrasser. » Pourtant six mois plus tard, c’est bien ce qu’a annoncé la direction : la vente du centre d’appels à un sous-traitant. Les élus du personnel sont persuadés que la direction souhaite se débarrasser d’un site devenu un peu trop tumultueux. L’ambiance à l’audience entre les avocats des deux parties est tendue.

Le 28 mai, le rendu du délibéré annonce que la cession du centre d’appels est suspendue jusqu’au 21 septembre, date à laquelle l’affaire sera jugée sur le fond, en raison du manque de dialogue en amont avec les salariés. Le répit est court mais Anousone Um, délégué syndical SUD-Telecom est satisfait du verdict, le tribunal ayant repris une bonne partie des arguments que la défense a avancés. Colombes Insoumise suit l’affaire de près…