Les impôts de Macron passés au crible

Le 12 octobre, Vincent Drezet, ex-secrétaire général du syndicat Solidaires Finances publiques et membre du conseil scientifique d’ATTAC%, était l’invité du café-débat mensuel de l’association « Le 2eme jeudi du mois ».

Si le thème retenu pour cette soirée était la réforme fiscale engagée par la nouvelle majorité macronienne sous l’impulsion du président de la République, Vincent Drezet a commencé par rappeler l’utilité des impôts et tordre le cou à quelques idées reçues.

Il a ainsi été rappelé que l’on bénéficie quotidiennement de ce que la politique publique nous offre. Et si dans une société sans impôts le revenu disponible de chacun serait plus important qu’actuellement, mais il faudrait payer tout ce dont on a besoin. Le coût d’un enfant à l’école en primaire c’est 5 000 €/an, au collège c’est 8 000 €/an, au lycée c’est 10 000 €/an. Il en va de même pour beaucoup d’autres services et infrastructures dont tout un chacun peut bénéficier. On ne peut donc pas vivre sans impôts. Car dans le cas où chacun faudrait payer les services dont il a besoin, du fait que des parents n’auraient pas les moyens de permettre à leurs enfants de suivre des études, nous aurions une main d’œuvre moins bien formée et cela nuirait à l’attractivité économique. L’impôt n’est donc pas l’ennemi de l’efficacité économique, et il est accessoirement l’ami de la justice sociale.

On entend beaucoup dire que la France est « la championne du monde des prélèvements obligatoires », etc. Mais les comparaisons internationales sont biaisées parce qu’elles ne prennent presque jamais en compte les contreparties (les services auxquelles ces prélèvements donnent accès).

Ces prélèvements ce sont les ressources sociales (cotisations, CSG) et les impôts nationaux et locaux. Ils représentent à peu près 44 % de la richesse nationale créé chaque année, dont plus de la moitié est constituée des ressources du système de sécurité sociale (retraites, assurance chômage, prestations familiales, accidents du travail, maladie…) qui, redistribuées, représentent le tiers des revenus des Français, et cela soutient l’activité économique. Aux Etats-Unis où le système de santé est essentiellement privé, le taux de prélèvement obligatoire est certes d’environ 34 % mais pour être juste il faudrait y ajouter ce que les Américains doivent dépenser en assurances de santé pour avoir la même couverture que nous. Et leur système de santé est très coûteux : près de 17 % du PIB alors qu’en France c’est 11 %.

Si ces quelques exemples vous ont intéressé, sans doute serez-vous curieux d’écouter ci-dessous l’intégralité de cette café-débat soit en streaming soit en téléchargeant le fichier.