Mathilde Panot : « Le nucléaire est un dogme, en sortir une nécessité »

Jeune députée France insoumise du Val-de-Marne, Mathilde Panot, était le 8 mars à Colombes, l’invitée du café-débat mensuel du « 2eme Jeudi du mois » organisé en partenariat avec Colombes insoumise. À trois jours de l’anniversaire de la catastrophe de Fukushima et du lancement de la votation citoyenne sur la sortie du nucléaire, le but de cette rencontre était d’entendre les arguments d’une des porte-parole de cette initiative.

Si le sujet peut paraître technique, il est aussi éminemment politique. Les citoyens n’ont jamais été consulté sur le programme nucléaire décidé par les gouvernements français dans les années 70, et jamais remis en cause depuis. « En France, pays le plus nucléarisé du monde avec 58 réacteurs, le nucléaire est un dogme », a rappelé Mathilde Panot avant de dérouler de multiples arguments en faveur d’une sortie du nucléaire. En voici quelques uns :

L’indépendance énergétique que le nucléaire est censé nous donner est illusoire puisque nous importons 100 % de l’uranium dont nous avons besoin en provenance de pays pas toujours très stable ni très recommandable.

C’est une énergie pas aussi sûre qu’on veut nous le faire croire, dont le danger s’accroît avec le temps, nos centrales atteignant un âge avancé. Et qui connaît des défaillances de sécurité multiples et préoccupantes. Or le recours accru à la sous-traitance n’arrange rien.

Sortir du nucléaire ne constituerait pas une menace sur l’emploi, a expliqué Mathilde Panot, puisque la sortie du nucléaire, qui sera nécessairement un processus de plusieurs années et même quelques dizaines d’années, ne se fera pas sans les travailleurs de la filière du nucléaire. Et la transition énergétique vers le 100 % renouvelables est susceptible, elle, de créer entre 400 000 et 900 000 emplois.

La question des déchets n’est toujours pas résolue et le plus prudent serait d’arrêter d’en produire.

Enfin, le nucléaire coûte cher et coûtera de plus en plus cher. Or l’argent que l’on met à poser des rustines sur nos centrales vieillissantes n’est pas investi dans les énergies renouvelables, alors que des scenarios crédibles nous permettraient d’avoir une électricité produite à 100 % par des énergies renouvelables en 2050 (voir à ce sujet la video du café-débat de février 2017 où le scénario négaWatt était présenté par un de ses porte-parole, Yves Marignac).

Ce café-débat a été filmé; vous pouvez donc revoir l’intervention introductive de Mathilde Panot ci-dessous.

La video des échanges avec la salle, bien garnie, en ce 8 mars, sera disponible ici, ultérieurement.

À NOTER : toutes les informations pratiques sur la votation citoyenne organisée du 11 au 18 mars à Colombes figurent dans un article séparé que vous pouvez consulter ici.