Une conseillère municipale anti-Sécu

Anne Bourdu, élue sur la liste conduite par Nicole Goueta, a provoqué un petit buzz le 23 octobre en s’affichant dans l’émission « 24h Pujadas » de LCI comme une opposante au monopole de la Sécurité sociale. Notre « système de gestion des soins et de remboursement (…) est un vestige communiste de 1945 », a-t-elle lancé devant un David Pujadas amusé d’une telle outrance.

Diffusée par la chaîne sur les réseaux sociaux, la séquence a suscité quelques centaines de réactions légitimement indignées.

Rappelons que si le principal bâtisseur de cet édifice humaniste est le communiste Ambroize Croizat, ministre du Travail et de la Santé (novembre 1945-mai 1947), qui avait dirigé la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT, les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 qui créent dans notre pays une organisation de la Sécurité sociale avaient été promulguées par le gouvernement du Général de Gaulle. Cette création figurait au programme du Conseil national de la Résistance qui, en mars 1944, proposait un « plan complet de sécurité sociale visant à assurer, à tous les citoyens, des moyens d‘existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

Remettre en cause l’histoire de l’édification de ce « bien commun » pour le dénigrer au profit de structures assurantielles privées est choquant. Mais le petit buzz d’Anne Bourdu, avocate dans un cabinet d’affaires parisien, est néanmoins révélateur des idées portées (ou acceptées) par la majorité municipale. Car c’est bien en connaissance des idées de Mme Bourdu et du groupuscule dont elle est vice-présidente, le Parti libéral démocrate, que Nicole Goueta avait souhaité la prendre sur sa liste :

« Connaissant la mouvance libérale (…), je voyais d’un bon œil la participation du PLD à notre équipe municipale, au point de lui avoir donné un poste d’adjoint au Maire », écrivait-elle le 5 juin 2015 dans un courrier adressé au président du PLD, Aurélien Veron, qui l’a publié sur Facebook.

La veille, lors d’un conseil municipal particulièrement houleux et révélateur du caporalisme qui règne au sein de l’équipe municipale (Voir le compte-rendu du Parisien), Anne Bourdu avait rendu sa délégation pour dénoncer une sombre histoire d’espionnage dont elle était indirectement victime. Son compagnon, Mohamed Regragui, également conseiller municipal accusait une élue de la majorité d’avoir « espionné au moins 33 correspondances privées et livré ces informations au maire [Nicole Goueta] et à [son] ex-femme ». L’un et l’autre avaient porté plainte contre X pour « violation et recel de correspondances privées ».