Une décision inconséquente, irresponsable et inacceptable

La municipalité de droite a définitivement fermé le Centre municipal de santé (CMS). Elle prive ainsi délibérément les Colombiens d’un centre à vocation sanitaire et sociale essentiel pour permettre à une population modeste d’accéder à des soins de qualité et de proximité. Cette décision, qui renie une promesse de campagne, est inconséquente, irresponsable et inacceptable.

Inconséquente parce que les « baisses successives des dotations de l’Etat », invoquées par Mme Goueta pour justifier la fermeture du CMS ne sont qu’un prétexte. Si les baisses de dotation voulues par Macron (13,5 Mds€ sur cinq ans), comme celles décidées par Hollande, sont effectivement préjudiciables aux Colombiens, pourquoi Mme Goueta, qui affirme n’avoir « pas d’autre parti que Colombes », a-t-elle soutenu, avec toute son équipe, François Fillon dont le programme prévoyait de les réduire encore plus (20 Mds €) ?

Son projet, elle l’a dit, c’est de se « recentrer sur les missions premières de la ville ». C’est-à-dire de limiter au maximum les services publics offerts aux Colombiens. La santé, ce n’est pas son affaire :

Par essence, a-t-elle proclamé, la santé relève de l’économie sociale et donc du privé à but non lucratif.

Mais le nouveau centre médical et dentaire privé dont elle a suscité l’implantation au Petit-Colombes et dont elle prétend qu’il va « amortir en partie » (sic) la fermeture du CMS, est une entreprise à but lucratif. Son enseigne, Dentylis, est une holding « spécialisée dans le secteur des activités des services financiers ».

Irresponsable car aucune offre alternative sérieuse n’existe à ce jour pour accueillir les 3 900 patients abandonnés. Pour les soigner le CMS disposait de 4 médecins généralistes pour 3,7 équivalent temps-plein, les généralistes du centre de santé privé vers lequel elle veut les renvoyer assurent au mieux un temps plein. Et les généralistes des autres quartiers de Colombes refusent presque tous de recevoir de nouveaux patients.
La fermeture du CMS annoncée par voie de presse début septembre était pourtant programmée depuis des mois. La preuve ? Mme Goueta compte installer à la place du CMS une « maison de santé dans le courant de l’année 2018 ». Ce projet, a-t-elle dit, est « bien avancé ». Pour cela elle va engager 100 000 € de travaux pour « réhabiliter » les locaux qui « seront loués aux médecins repreneurs à un prix inférieur à celui pratiqué dans les maisons de santé » (sic). Et « les équipements médicaux du CMS leur seront mis à disposition gratuitement » (re-sic). En résumé, la ville fait cadeau du CMS à des médecins libéraux !

Inacceptable car une « maison de santé » ne remplit pas la même fonction qu’un centre de santé. Les médecins y exercent en libéral, en secteur 1 ou 2, ce dernier impliquant des dépassements d’honoraires. Ils ne pratiquent pas le tiers-payant. Et si les centres de santé peuvent mettre en œuvre du fait, du statut salarié de leurs médecins et personnels soignants, des politiques de prévention et d’éducation à la santé, ce n’est pas le cas des maisons de santé.

Avec la fermeture du CMS c’est aussi cela qui disparaît.