Votation sur la sortie du nucléaire : un moment riche d’enseignements

Ne cherchez pas, vous ne les trouverez pas. Dimanche 18 mars, la France insoumise a publié les résultats de la votation citoyenne qu’elle a initiée du 11 au 18 mars sur la sortie du nucléaire.

  • 314 530 votants,
  • Oui : 93,13%,
  • Non : 6,23%,
  • Blancs et nuls : 0,64%.

Un succès que la presse a royalement ignoré. Est-ce réellement une surprise ?

En fait l’essentiel est ailleurs. Il est dans cette formidable mobilisation autour de ce thème dans les quartiers populaires comme dans les quartiers aisés. À Colombes, 316 personnes sont venus dans les bureaux de vote, parfois malgré la pluie et la neige. Toujours malgré le froid. Et c’est plus du double qui ont voté directement en ligne… Le Oui l’a emporté à 89 %, Non : 10 %, Blancs et nuls : 1 %.

Colombes insoumise vous remercie, Colombiennes et Colombiens, pour ces moments d’échanges riches d’enseignements que nous espérons avoir été aussi forts pour vous qu’ils ont été pour nous.

Nous avions choisi d’ouvrir des bureaux de vote dans un maximum de quartiers afin de vous rencontrer au plus près de votre domicile. Un bureau par jour, souvent en fin de journée, à la sortie des magasins d’alimentation, près des gares ou des marchés.

Le premier jour nous nous demandions quel serait votre accueil. Est-ce que harassés par les soucis de travail, de logement, de fin de mois et tant d’autres problèmes, vous comprendriez que le risque que le nucléaire fait peser sur nos enfants, nos petits enfants et leurs descendants pendant plusieurs générations valait bien un débat et une consultation ? Votre accueil a été au-delà de nos espérances. Surtout de vous les femmes, car vous avez été extrêmement plus nombreuses que les hommes à venir discuter et glisser un bulletin de vote dans les urnes.

Nous avons bien sûr rencontré des inconditionnels du nucléaire pour lesquels les énergies alternatives ne sont qu’utopie dispendieuse. Oubliant les milliards investis dans de nouveaux EPR, ceux qu’il faut débourser pour réparer les centrales vieillissantes, sans compter les déchets tout aussi nocifs et qu’on ne sait toujours pas traiter… Il y avait aussi ceux qui aimeraient bien mais… mais… Des citoyens qui ont oublié que ne pas agir revient à ouvrir la porte au pire. Chacune de ces personnes nous a obligé à réfléchir à nouveau sur notre engagement et même si nous n’avons pas toujours convaincu, le débat a été ouvert.

Et puis il y a eu tous les autres. Des femmes avouant qu’elles ne connaissaient pas bien la question mais voulaient avoir des renseignements (Il n’y a que les femmes pour reconnaitre leurs lacunes et chercher à y palier). Elles posaient et reposaient des questions avant de se décider. D’autres partaient notre tract à la main et revenaient plus tard. Nombre d’entre vous nous ont montré leur joie d’être consultés sur ce problème crucial et riaient en disant que c’était leur premier vote !

Une jeune génération captivée par la question

Il y a eu ces jeunes qui sortant de leur établissement, intrigués et intéressés, ont ouvert des débats avec nous dans la rue malgré la pluie. Ils n’avaient pas tous 16 ans. Nous avons découvert que leurs connaissances en matière d’énergie dépendaient beaucoup de l’intérêt que leurs enseignants pouvaient y porter et pas toujours du milieu familial. Il y avait ceux qui avaient une vague idée de ce qu’est le nucléaire ; s’ils avaient entendu parler d’Hiroshima, Fukushima était une autre histoire. Et d’autres qui expliquaient à leurs camarades ce qu’étaient les énergies renouvelables. Une immense joie pour nous de voir cette jeune génération captivée par la question.

Beaucoup d’entre nous garderons longtemps gravé dans leur mémoire cette conversation avec un jeune garçon d’environ 13 ans qui avec deux de ses copains rodait autour de notre table où était installé l’ordinateur. Des gamins surveillés par des plus grands attablés dans le café tout près. Au bout d’un moment il s’est installé à deux mètres de nous et nous a demandé notre tract. Il l’a parcouru et mine de rien a commencé à poser des questions. Nous y avons répondu en veillant à utiliser un vocabulaire simple et donner des exemples concrets. Et puis très vite la conversation est devenue échange. Ce garçon avait une grande culture et une connaissance que des adultes pourraient lui envier. Sans compter son esprit d’analyse. Du café les aînés l’ont appelé. Il est allé les voir, est revenu en haussant les épaules, a continué à parler brièvement avec nous puis est parti vers le supermarché ses copains sur les talons. Nous n’avons pas pensé à lui demander son prénom mais nous retournerons là-bas avec l’espoir de le revoir.

Nous n’oublierons pas non plus cette jeune femme avec sa petite fille. Elle nous a abordés d’un pas décidé. Le nucléaire elle connaît. Elle est japonaise et c’est sans hésiter qu’elle a voté en faveur de la sortie du nucléaire et pour les énergies renouvelables. Avant de partir, elle a posé pour une photo. Une photo en souvenir de cette consultation.